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Thursday, 13 January 2011

Interview with Cameroonian LGBT activist Stéphane Koch

Stéphane Koch
Source: ILGA

By Stéphane Tchakam

Correction: This interview was originally on Alice Nkom's website.

[Google translation]

Interview with Stéphane Koch, Project Coordinator for assistance and guidance to minority homosexual (Paemh), which is funded by the European Union. Stéphane knows the reality of arrests and imprisonment for homosexuality in Cameroon.

Q: What is the reality of these people we arrested and imprisoned for acts of homosexuality?

A: Most people we defended, if not all are needy, the poor, who are unemployed or doing odd jobs. To say in passing that there are wealthy people who are gay that no one would touch, the Minister of Justice told us.

In all cases we had, there has never been caught in flagrante delicto. It's always denunciations of neighbors. Enough with the police or gendarmerie to land from these people 3 or 4 am, hours illegal for them out of their beds and their homes without a warrant. Which is absurd. They are then fuel and other means to come home.

If you are attacked, however, and call the police, she tells you she has neither male nor fuel to fly to your rescue. The spirit of article 347 bis which penalizes homosexual relationships demand that we prove that there was relationship. Caught so. Yet the police and even judges send people to prison on the basis of denunciations.

Q: The funding of the European Union does he not reinforce those who argue that your momentum comes from outside?

A: When we started this fight, the European Union was not there. We conducted this fight because of Cameroonians suffer this exclusion in their countries. So this is not a dynamic that comes from outside. These are facts and we can prove it. We are working since 2005 on cases that we have made judicial assistance. Persons imprisoned for homosexuality and who did not choose to be.

So, whoever said it comes from outside must prove it. And then, do not be deceived. The issue of homosexuality is not easy for any company, be it Western or African.

Q: Is there something in the process of moving side sexual minority in Cameroon?

A: I can say that there are things that move. When we started this fight, the issue was taboo. It still is but now we debate more easily. We can no longer hide and talk about the issue. It proves that there are at least a step that is being taken in attitudes.

There are people who understand when you take the time to explain and thank you for that matter. There is, in our country by the authorities who do not know that people are discriminated on the basis of their sexual orientation.And that they are people out there who can support us to lead our advocacy.

Q: What you explain to people?

A: We explain that there is no sexuality is predominant. There may be a sexual minority, but it has the same rights as others. This is not because we have a minority sexual identity that we should have less rights than others. All human beings have equal rights and if we want to build a state in which there is a genuine social cohesion, all energies must be mobilized and there is no citizen over another.

Q: You say in a country where homosexuality is penalized because it is contrary to morality, religion and traditions?

A: Precisely, our rhetoric does not stop there. There is a big job that follows which is to explain what homosexuality really. Homosexuality is different from the popular perception that people have. It is not a criterion for social advancement as we wanted to believe. It is for us to bring each other to undermine the arguments in their false beliefs.

When we say that homosexuality is imported for example, I'm sorry. However, Catholicism, it has been imported because our history says that our ancestors were animists. It is explained that there are a number of natural factors that shape environmental or inexplicable sexual orientation. It does not exist in someone's life a time when he decides to be gay or straight. It is for us to make scientific arguments and even religion as does Archbishop Desmond Tutu to tell people that it's not because someone is different it should have fewer rights than other .

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Quelle est la réalité de ces gens que l’on arrête et incarcère pour faits d’homosexualité ?

La plupart des gens que nous avons défendus, pour ne pas dire tous, sont des personnes indigentes, pauvres, qui n’ont pas d’emploi ou font des petits métiers. Pour dire en passant qu’il y a des personnes aisées qui sont homosexuelles que personne ne toucherait, le ministre de la Justice nous l’a dit. De tous les cas que nous avons eus, il n’y a jamais eu de flagrant délit. C’est toujours des dénonciations de voisins. Ça suffit à la police ou à la gendarmerie pour débarquer chez ces gens à 3 ou 4 heures du matin, horaires illégaux, pour les sortir de leur lit et de leur domicile sans mandat. Ce qui est absurde. Ils trouvent alors carburant et autres moyens pour venir chez vous. Si vous êtes en revanche agressé et appelez la police, elle vous dira qu’elle n’a ni homme ni carburant pour voler à votre secours. L’esprit de l’article 347 bis qui pénalise les relations homosexuelles demande que l’on prouve qu’il y a eu relation. Flagrant délit donc. Pourtant, les forces de l’ordre et même les magistrats envoient des gens en prison sur la base de dénonciations.

Ce financement de l’Union européenne ne va-t-il pas conforter ceux qui soutiennent que votre dynamique vient de l’extérieur ?

Quand nous avons commencé ce combat, l’Union européenne n’était pas là. Nous avons mené ce combat parce que des Camerounais souffrent de cette exclusion dans leur pays. Donc, ce n’est pas une dynamique qui vient de l’extérieur. Ce sont des faits et nous pouvons le prouver. Nous travaillons depuis 2005 sur des cas auxquels nous avons apporté assistance technique judiciaire. Des personnes incarcérées pour homosexualité et qui n’avaient pas choisi de l’être. Donc, celui qui dit que ça vient de l’extérieur doit le prouver. Et puis, il ne faut pas s’y tromper. La question de l’homosexualité n’est facile pour aucune société, fut-elle occidentale ou africaine.

Quelque chose est-il en train de bouger côté minorité sexuelle au Cameroun ?

Je peux dire qu’il y a des choses qui bougent. Quand nous avons commencé ce combat, la question était taboue. Elle l’est encore mais aujourd’hui, on en débat plus facilement. On peut ne plus se cacher et parler de la question. Ça prouve qu’il y a au moins un pas qui est en train d’être franchi dans les mentalités. Il y a des gens qui comprennent quand on prend le temps de leur expliquer et qui vous remercient au demeurant. Il y a, dans notre pays, des autorités qui ne savent pas que des personnes sont discriminées sur la base de leur orientation sexuelle. Et ça, ce sont des gens sur lesquels nous pouvons nous appuyer pour mener nos activités de plaidoyer.

Qu’est-ce que vous expliquez aux gens ?

Nous expliquons qu’il n’existe pas de sexualité qui soit prépondérante. Il y a peut être une minorité sexuelle mais celle-ci a les mêmes droits que les autres. Ce n’est pas parce que l’on a une identité sexuelle minoritaire que l’on devrait avoir moins de droits que les autres. Tous les êtres humains ont les mêmes droits et si l’on veut construire un Etat dans lequel règne une véritable cohésion sociale, toutes les énergies doivent être mobilisées et il n’y a pas de citoyen au dessus de l’autre.

Vous le dites dans un pays où l’homosexualité est pénalisée parce que contraire aux bonnes mœurs, à la religion et aux traditions ?

Justement, notre discours ne s’arrête pas là. Il y a un gros travail qui suit qui consiste à expliquer ce qu’est réellement l’homosexualité. L’homosexualité est différente de la perception populaire que les gens en ont. Il ne s’agit pas du tout d’un critère d’ascension sociale comme on a voulu le faire croire. Il s’agit pour nous d’apporter aux uns et aux autres des arguments pour les ébranler dans leurs fausses convictions. Quand on dit que l’homosexualité est importée par exemple, je suis désolé. En revanche, le catholicisme, lui, a bien été importé parce que notre histoire dit que nos ancêtres étaient animistes. Il s’agit d’expliquer qu’il existe un certain nombre de facteurs naturels, inexplicables ou environnementaux qui forgent l’orientation sexuelle. Il n’existe pas dans la vie de quelqu’un un moment où il décide d’être homo ou hétéro. Il s’agit pour nous d’apporter des arguments scientifiques et même religieux comme le fait Mgr Desmond Tutu pour dire aux gens que ce n’est pas parce que quelqu’un est différent qu’il devrait avoir moins de droits qu’un autre.
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